par Clémentine Ebert et Marie-Rose Moro | Revue du droit des étrangers | n° 203 | décembre 2019 | p. 337.
En matière d’asile, la crédibilité du récit tient un rôle central. Pour obtenir le statut de réfugié, le candidat réfugié devra convaincre l’un de ses interlocuteurs – l’officier de protection ou en dernier recours le juge –, souvent uniquement par sa capacité à raconter son histoire et son vécu de manière convaincante. Or, outre les troubles mnésiques, les traumatismes, les stigmates des persécutions, le milieu social qui peuvent interférer dans cette capacité à se raconter, un autre écueil est parfois présent : la culture.
La culture entre en compte dans cette interaction entre un agent d’« ici » et un demandeur d’« ailleurs » et pourtant les textes juridiques ne précisent pas comment apprécier ce facteur. Peu d’ouvrage questionnent le positionnement même de ce professionnel qui a pourtant ses propres référents culturels. Or, pour prendre en compte cette réalité, la clinique transculturelle a développé des concepts qui pourraient être fort utile à la procédure d’asile. Cette analyse propose également des pistes à explorer pour que les aspects culturels soient davantage pris en compte dans l’évaluation de la demande de protection internationale.