Analyse et études

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« Visites domiciliaires : les communes, ultimes gardiennes des droits fondamentaux ? »

par Anissa Batik | newsletter | n° 224 | décembre 2025 En juillet 2025, le gouvernement De Wever a approuvé un projet de loi autorisant les forces de l’ordre à pénétrer dans un domicile privé, sans le consentement de ses occupants, pour y arrêter une personne en séjour irrégulier. Ce serpent de mer législatif avait déjà été tenté en 2017 et 2019, suscitant à l’époque une contestation d’une ampleur exceptionnelle de la part du monde associatif, académique et même des autorités cardinales, avant d’être finalement abandonné. Le Conseil d’État avait pourtant sévèrement critiqué ce dispositif en pointant l’absence de recours effectif, la protection insuffisante des personnes vulnérables et l’instrumentalisation du contrôle judiciaire. Sept ans plus tard, le texte revient dans une version quasi inchangée. Face au silence assourdissant du Parlement fédéral, ce sont les communes qui montent au créneau. Depuis septembre 2025, Auderghem, Jette, Ixelles et la Ville de Bruxelles ont multiplié les motions d’opposition, rejoignant ainsi Myria, le CIRÉ et les associations de défense des droits humains qui dénoncent une atteinte disproportionnée aux libertés fondamentales. Cette mobilisation à l’échelle locale soulève une interrogation fondamentale. Entre absence de compétence formelle et légitimité démocratique, les communes peuvent-elles devenir les ultimes gardiennes des droits fondamentaux en matière migratoire, ou risquent-elles de rester des sentinelles désarmées face à l’adoption d’une loi qu’elles jugent liberticide ? Telechargez l’édito

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L’accès à la nationalité à l’épreuve de la réforme du chômage

par Monya Chaffi | newsletter | n° 223 | novembre 2025 A partir du 1er mars 2026, la réforme du chômage récemment adoptée risque d’affecter indirectement mais de façon significative l’accès à la nationalité. La nouvelle mouture de la liste des journées de travail assimilées fragilise la possibilité de prouver l’intégration sociale par un travail ininterrompu sur cinq ans, déjà critiquable pour son irréalisme face à la précarité professionnelle qui touche davantage les personnes étrangères. Cette réforme risque d’accroitre l’exclusion des candidats à la nationalité frappés par une longue maladie ou confrontés à des parcours d’emploi discontinus, révélant les contradictions d’un système en passe de pénaliser des aléas de vie pourtant fréquents. À son arrivée au pouvoir, le gouvernement Arizona a affiché son objectif d’engager de vastes réformes et le droit de la nationalité figure parmi ses chantiers. Dans son Accord de gouvernement, plusieurs mesures concernant la nationalité ont ainsi été annoncées, toutes orientées vers un durcissement des conditions d’accès. La première à entrer en vigueur, le 29 juillet 2025, porte le montant des droits d’enregistrement de 150 à 1 000 euros. D’autres initiatives sont dans le pipeline et actuellement en discussion. Le gouvernement semble d’ailleurs avoir opté pour une stratégie visant à faire passer ces différentes mesures dans des lois distinctes.Au-delà des initiatives ciblant directement le droit de la nationalité, d’autres réformes, bien qu’indépendantes de la matière, sont également susceptibles de l’impacter. En effet, depuis la refonte du Code en 2012, le droit de la nationalité repose sur un ensemble d’autres domaines juridiques dont toute modification pourrait avoir des répercussions indirectes sur ce dernier. Cette question se pose aujourd’hui à l’égard de la récente réforme du droit au chômage. Telechargez l’édito

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La procédure de détermination de l’âge des MENA : vers un changement de paradigme ? 1Obs. sous Cour. eur. D.H., F.B. c. Belgique, 6 mars 2025

par Alix Ernoux | Revue du droit des étrangers | n° 225  En Belgique, lorsqu’une personne étrangère arrive seule et se déclare mineure, les autorités peuvent décider de vérifier son âge à l’aide d’un test médical. Ce test, réalisé dans 60% des cas, est destiné à estimer l’âge osseux de la personne. Or, cette estimation conditionne l’accès à toute une série de droits réservés aux enfants. Cette procédure a récemment été sanctionnée par la Cour européenne des droits de l’homme, qui a estimé que le recours automatique à un test médical invasif, sans consentement explicite, violait le droit à la vie privée. Cette décision s’inscrit dans une série de critiques formulées depuis plusieurs années, poussant la Belgique à revoir sa procédure.

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Les modifications apportées par la Loi du 18 juillet 2025 concernant les ressources exigées en matière de regroupement familial

par Monya Chaffi | newsletter | n° 222 | octobre 2025 La réforme du régime des ressources en matière de regroupement familial s’inscrit dans une dynamique générale durcissant drastiquement l’accès au séjour fondé sur la vie familiale. En substituant un seuil fondé sur le revenu minimum mensuel moyen garanti à celui du revenu d’intégration sociale, en appliquant une majoration pour chaque membre de famille et en faisant peser la charge de la preuve exclusivement sur les demandeurs, le législateur opère un changement de paradigme : la condition de ressources cesse d’être un simple critère de non-dépendance à l’aide sociale et devient un mécanisme de sélection économique des familles. Au-delà de ses implications sociales, cette évolution soulève des questions sérieuses quant à sa compatibilité avec la Directive 2003/86/CE, les droits fondamentaux, les principes de proportionnalité et de non-discrimination et les obligations positives découlant du droit à la vie familiale. Le présent article propose une analyse critique de ces enjeux. Telechargez l’édito

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Dossier complet et domiciliation : des entraves au droit de séjour des citoyens européens

par Nawa Youssouf-Ali | newsletter | n° 221 | septembre 2025 Depuis le 1er septembre 2025, les citoyens européens qui introduisent une demande de séjour en Belgique ne disposent plus d’un délai de 3 mois pour compléter leur demande. Ils doivent donc déposer un dossier complet lors du jour de leur enregistrement à la commune. Cette règle risque de porter atteinte aux droits des citoyens européens et soulève ainsi des difficultés. Une autre difficulté à laquelle font facecertains citoyens européens mérite d’être soulignée : l’impossibilité d’obtenir une adresse de référence en cas de séjour illégal.Dans ce contexte, il parait opportun de clarifier les règles relatives au dossier complet (I) et à l’adresse de référence (II), d’appeler à la vigilance et enfin d’évoquer quelques pistes de solution offertes par le droit. Telechargez l’édito

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L’enfant en migration à l’épreuve des règles de reconnaissance en droit internationalprivé et des considérations migratoires : questions choisies

par Caroline Apers | newsletter | n° 220 | juillet-août 2025 Le 19 juin dernier, l’ADDE organisait un Colloque intitulé « L’enfant en migration à l’épreuve des règles de reconnaissance en droit international privé et des considérations migratoires »1. La journée fut entre autres l’occasion de mettre en lumière la tension croissante entre, d’une part, l’« impératif de reconnaissance » des situations familiales étrangères qui caractérise le droit international privé contemporain et d’autre part, le durcissement des politiques migratoires. En effet, l’accroissement de la mobilité internationale et le développement de la jurisprudence européenne ont favorisé une approche plus ouverte à la reconnaissance des situations familiales établies à l’étranger, portée notamment par les droits fondamentaux, le principe européen de libre circulation et la prise en compte de l’intérêt supérieur de l’enfant. Cependant, cette dynamique se heurte de plus en plus souvent aux logiques restrictives des politiques migratoires, qui tendent à percevoir l’extranéité comme un élément négatif et à instrumentaliser les refus de reconnaissance pour limiter les flux migratoires. Cette confrontation engendre des doubles standards flagrants, en particulier dans la prise en compte de l’intérêt supérieur de l’enfant : celui-ci est protégé et valorisé dans certains contentieux (gestation pour autrui, enlèvements internationaux et hébergement d’un enfant hors du milieu de vie) mais relativisé, voire occulté, lorsque la reconnaissance de liens familiaux pourrait ouvrir des droits au séjour (regroupement familial, reconnaissance « frauduleuse » et éloignement du parent étranger).Ce type de double standard doit continuer à être interrogé et dénoncé à tous les niveaux pour ne pas se résoudre à l’idée d’une différence ontologique entre famille migrante et sédentaire2 qui irait de pair avec un besoin à la baisse en termes de droits fondamentaux pour les familles migrantes. Au-delà de cette dénonciation nécessaire, leur mise en évidence présente aussi un intérêt stratégique. Telechargez l’édito

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